Pétition «Pour des nuits sans bruit d’avion!»

Le 4 mars 2019, la coalition CESAR a remis aux services du Parlement sa pétition «Pour des nuits sans bruit d’avions!». Cette pétition soutenue par près de 10’000 signatures demande au parlement suisse et au Conseil fédéral de protéger la population qui vit autour des aéroports contre le bruit du trafic aérien.

Nous sommes la nuit du lundi 11 mars 2019. Un dernier avion atterrit à 00h03 sur la piste de l’aéroport de Genève. Le lendemain matin, les premiers mouvements aériens reprendront à partir de 6h03 déjà. À peine six heures de répit pour la population genevoise, c’est bien moins que les 8 heures de sommeil recommandées par l’Organisation mondiale de la santé. Cette situation ne fait malheureusement pas office d’exception, autant pour Genève que pour Bâle et Zurich. Les mouvements aériens nocturnes ont
constamment augmenté ces dernières années en Suisse, et les nuisances sonores également.


Le bruit rend malade

Nous le savons aujourd’hui, ces nuisances sonores présentent un grand risque pour la santé de la population qui vit autour des aéroports. Des études récences telles que SIRENE ou SALPADIA, démontrent que non seulement une exposition régulière au bruit du trafic aérien provoque du stress et des perturbations du sommeil, mais elle augmente aussi le risque de souffrir d’hypertension, de maladies cardiovasculaires et de diabète. Les enfants sont particulièrement touchés par le bruit du trafic aérien. Les perturbations du sommeil portent notamment préjudice à leur développement cognitif et affectent sensiblement leur capacité d’apprentissage.


Inaction des autorités

Ces risques ne sont pas méconnus des autorités fédérales. Mais celles-ci continuent pourtant de miser sur une croissance inconsidérée du trafic aérien. Alors que la Suisse comptabilisait 468’226 mouvements dans le trafic de ligne et charter en 2016, la Confédération en prévoit 632’000 en 2030. Cette prévision entrainera inévitablement une augmentation des vols de nuit et des nuisances qui vont avec. Aujourd’hui, 65’000 personnes sont déjà exposées à un bruit excessif du trafic aérien durant la journée. Ce chiffre monte à plus de 95’000 durant la nuit! La Confédération tente tant bien que mal de protéger la population face à l’augmentation du bruit aérien, mais ce n’est de loin pas suffisant.

L’exemple des valeurs limites d’immission, définies dans l’ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB), illustre le problème. Ces valeurs sont censées définir les seuils à partir desquels le bruit a des effets indésirables trop importants sur la population. Mais dans la réalité, la limite est régulièrement dépassée autour des aéroports. De plus, les études les plus récentes concluent qu’un niveau sonore inférieur à ces seuils nuit déjà à la santé de la population. Les valeurs limites d’immission ne sont donc ni respectées ni à jour.


Pour des nuits sans bruit d’avion!

Face à la passivité des autorités fédérales, la coalition CESAR a déposé le 4 mars 2019 sa pétition «Pour des nuits sans bruit d’avion!». Soutenue par près de 10’0000 signatures, cette pétition demande à la Confédération de garantir un couvre-feu nocturne de 22h à 7h dans tous les aéroports et les aérodromes concessionnaires suisses. Elle exige par ailleurs que des nouvelles valeurs limites d’immission soient fixées sur la base des connaissances scientifiques actuelles.

Ce n’est bien sûr pas la fin d’un engagement. La coalition CESAR continuera à s’engager pour une réduction du bruit aérien, jusqu’à ce que le ciel d’un prochain 11 mars, espérons-le dans un avenir proche, garantisse une nuit calme et sans bruit aérien à la population vivant autour des aéroports !

Plus d’infos sur notre pétition:
www.cesar-klug.ch/petition

Yves Chatton
secrétaire général de la coalition CESAR
et chargé de projets à l’ATE Suisse